L’écriture inclusive : parlons faits et science

inclusif
L'écriture inclusive dans les médias : beaucoup de caricatures et peu (voire pas) de science. Corrigeons donc le tir, en répondant à un article de l'AFIS tout aussi coupable.

Lorsque le magazine sceptique Science et Pseudo-sciences (SPS) de l’AFIS a publié dans son 323e numéro un article sur l’écriture inclusive , je m’attendais à un article qui aborderait le sujet sous un angle scientifique et loin des caricatures qui pavent le débat. Dès le sous-titre repompé de France 2 , j’ai déchanté :

Maître Corbe·au·lle sur un arbre perché tenait en son bec un fromage. Maître Renard par l’odeur alléché lui tint à peu près ce langage.

Le ton était donné : on allait encore parler non de l’écriture inclusive telle que mise en avant par les mouvements féministes, mais d’un homme de paille forgé à son encontre. Un regard inquiet à la liste des sources confirmait les craintes : sur 13 sources, pas une seule source scientifique abordant l’impact du genre dans la langue ! Un comble pour un magazine se voulant du scepticisme scientifique ! Ce n’est pas que ces études sont inexistantes : la première a 40 ans.

Penchons-nous donc sérieusement sur le langage et l’écriture inclusives, leurs prétentions réelles, ce qu’en dit la littérature scientifique, et interrogeons-nous sur la validité des critiques à son encontre.

Lire la suite…

Pour un internet plus accessible : Aidodys Free

aidodys
Internet rend l'information accessible au plus grand nombre, mais plus à certains qu'à d'autres. Avec la dyslexie, lire un article peut être un défi. Mais une extension Chrome/Firefox peut servir à réduire ces inégalités.

Internet est un outil formidable, qui rend l’information accessible au plus grand nombre. Mais cette accessibilité n’est pas la même pour tous. Pour les personnes dyslexiques notamment, lire une page Wikipédia, un article de presse ou une entrée de blog peut être un véritable défi. Nous ne sommes pas égaux dans notre capacité à nous informer. Mais nous pouvons travailler à réduire ces écarts.

Lire la suite…

Nier sans preuve ?

nier
« Ce qui est affirmé sans preuve peut être nié sans preuve. » ... Vraiment ? Sont-ce vraiment les bons mots ? Et Euclide a-t-il vraiment dit ça, comme on le voit un peu partout ?

Ce qui est affirmé sans preuve peut être nié sans preuve.

Cette citation, souvent attribuée à Euclide (j’y reviendrai), on la voit régulièrement passer dans les milieux sceptiques comme ailleurs . On l’a par exemple récemment trouvée sous la plume de Thomas Durand, auteur de la Tronche en Biais et de la Minute Sapiens . On trouve aussi occasionnellement la variation suivante :

Ce qui est affirmé sans preuve peut être réfuté sans preuve.

Pourtant, telle quelle, cette citation pose problème sur les plans logique et épistémologique. Ce qu’elle laisse en effet entendre est bien loin de tout rationalisme.

Lire la suite…

Ces nuages derrière le soleil

sun-mini
Les argumentaires en faveur de la Terre plate regorgent de curiosités. Par exemple, sur certains clichés, le soleil cache les nuages. Pour certains, c'est la preuve qu'il n'est en fait pas si loin. Qu'en est-il ?

Les argumentaires en faveur de la Terre plate regorgent de petites curiosités. Si régulièrement ce qui intrigue est l’incompréhension de l’auteur ou en quoi l’argument est-il censé en être un, on tombe parfois sur des phénomènes surprenants ou auxquels on n’avait jamais vraiment fait attention. Parmi eux, un ensemble de clichés sur lesquels on voit les nuages passer derrière le soleil, et dont certains déduisent que l’astre n’est finalement pas si loin.

Notez toutefois l’emphase, car évidemment il s’agit en fait de ce que l’on peut voir sur ces images, mais absolument pas de la réalité photographiée. Pourquoi donc ces clichés nous montrent-ils cela ? En quoi est-ce même totalement attendu, même avec un soleil loin, loin derrière les nuages ?

Lire la suite…

Chiffres rassurants, rapport flippant : la méthode Générations Futures

GFmini
Générations Futures, en guerre contre le glyphosate, nous gratifie d'une nouvelle étude : l'herbicide est mesuré dans les urines de 30 individus. Les chiffres sont des plus rassurants, et pourtant l'ONG produit un rapport qui fait peur. Les journalistes, quant à eux, suivent aveuglément et répètent des arguments bidons.

Le Jeudi 6 avril 2017, l’association anti-pesticides Générations Futures, en guerre contre le glyphosate, dévoilait les résultats de sa dernière étude . Les échantillons d’urine de 30 individus ont été analysés à la recherche de la substance herbicide. Les chiffres sont tout à fait rassurants ; et pourtant, le rapport de Générations Futures fait peur. Encore une fois, dans la même veine que la campagne de Greenpeace Belgique contre le glyphosate (cf mon dernier article), on oublie toute contextualisation et balance des données et comparaisons inquiétantes mais pourtant dénuées de la moindre pertinence. Et le pire dans tout ça, c’est que des journalistes suivent aveuglément.

Lire la suite…

Greenpeace & Glyphosate : La comm’ avant les faits

En lutte contre le glyphosate, ciblant Brico en Belgique, Greenpeace use et abuse d'une imagerie manipulatrice qui va droit aux sentiments. Mais niveau arguments, qu'est-ce que ça vaut ? Et si la cible était mal choisie ?

Pourquoi convaincre quand on peut manipuler ?

Début décembre 2016, Greenpeace Belgique a lancé sa nouvelle campagne . Dans la lignée de la campagne française contre Leclerc, que ce soit pour appliquer une stratégie type “diviser pour régner”, ou à la recherche de victoires faciles pour justifier des demandes de dons, Greenpeace s’attaque à une enseigne, Brico, à qui elle reproche de vendre du glyphosate. Après tout, il est probablement plus facile de faire plier un magasin que de convaincre les gouvernements : il suffit d’embrigader le consommateur, ou au moins faire croire qu’on y arrivera. Si elle ne veut pas risquer de perdre sa clientèle, l’enseigne devra agir, et qu’importe si les actions qu’elle doit prendre sont vraiment justifiées ou non.

Lire la suite…

Argument d’autorité : le cas Vandana Shiva

De Cintia Barenho (modifié)
Vandana Shiva est une figure anti-OGM majeure, principale dénonciatrice d'un lien supposé entre suicides de fermiers indiens et coton OGM. Indienne, scientifique, féministe, elle inspire la confiance sur ce sujet. Mais est-ce justifié ?

Vandana Shiva, “héroïne environnementale” selon le Time Magazine , “déesse écolo” pour l’Obs , “déesse des semences” chez National Geographic . En 2010, Eve Ensler (auteure des Monologues du vagin) la plaçait pour Forbes parmi les sept féministes les plus puissantes . Aujourd’hui, elle cumule plus de 41 400 followers sur Twitter et 35 700 likes sur Facebook . Elle est incontestablement une des figures incontournables des mouvements anti-OGM et anti-Monsanto, au sein desquels “on ne la présente plus” . C’est notamment à elle, principalement, que l’on doit le mythe selon lequel les fermiers indiens se suicideraient en masse du fait de Monsanto et du coton OGM.

Et si ce mythe a si bien pris, c’est parce que Vandana Shiva est aussi un exemple typique de la figure d’autorité : lorsqu’elle parle, on l’écoute, et on la croit. Ses propos sont rarement remis en cause. Mais pourquoi ? Au-delà de son indéniable charisme, je dégage trois éléments qui leurrent l’esprit inattentif, trois éléments qui, lorsqu’on les creusent, perdent toute leur puissance : son indienneté, son féminisme, sa scientificité. Nous explorerons ces trois facettes, comblerons un peu des zones d’ombres qui leurs donnent toute leur aura, avant de montrer – en citant Vandana Shiva elle-même – que non, elle ne peut clairement pas être crue si aveuglément.

Lire la suite…

Quel T-shirt en plein cagnard ?

Tshirts
Le Bunker D aide Scillabus à répondre à la question “quel T-shirt porter au soleil pour ne pas avoir trop chaud ?” Une question simple, avec toutefois quelques pièges. Comme quoi il ne faut pas se précipiter dans sa réponse.
Énergie d'un photon

Il ne faut pas s’arrêter à la première conclusion qui nous vient…

La dernière vidéo de Scilabus pose la question de quelle couleur porter en plein été pour ne pas mourir de chaud. Bon, on sait déjà la réponse : “du blanc, et surtout pas du noir”. Mais si je n’ai que du rouge, du bleu et du vert ?

En faisant quelques recherches, si on ne le sait pas déjà, on apprend rapidement que les photons bleus portent plus d’énergie que les rouges. Il faudrait donc à première vue les refléter, et préférer un T-shirt bleu à un T-shirt rouge.

… Seulement les choses ne sont pas si simples.

Lire la suite…

Liens : Critiquer un site sans le soutenir

No dislike
Que l’on tienne un blog ou que l’on échange sur Facebook, fournir des liens vers les propos que l’on critique est une nécessité dans les discussions sceptiques. Mais comment fournir ces liens sans accroître la visibilité de ces sites ?
VO/VF

Search engine optimization (SEO) plays a key role in the battle between skeptics and alternative medicine.

L’optimisation pour les moteurs de recherche (SEO, Search Engine Optimization) joue une rôle clé dans le combat opposant les sceptiques et les médecines alternatives.

Tim Farley
Lire la suite…

Le combat sceptique : Pourquoi lutter ?

cemetery_thumb
Pourquoi le scepticisme ? Pourquoi en faire une lutte, un engagement ? Parce que le manque d'esprit critique coûte cher. Il ruine, il détourne des efforts bienveillants, et surtout il tue.

Dans mon article d’introduction, “Je suis un sceptique”, j’ai notamment présenté le scepticisme comme un combat, motivé entre autres par “le coût des croyances”. Il est temps d’expliciter un peu ce propos, d’expliquer pourquoi je me bats, ce qui me pousse.

Lire la suite…